mardi 20 juin 2006
cour intérieure
C"est ici que j'ai atterri. Temporairement. Il y a 6 mois... La moitié d'une année. Je trouve ça déjà beaucoup. L'été arrive, les fenêtres fleurissent, les fenêtres souvrent. Chaque soir, le murmure des postes de télévisions allumés sur des chaines différentes se mèlent les uns aux autres. Toujours les mêmes fenêtres allumées. Toujours les mêmes appartements dans la pénombre. Des silhouettes passent. Des monologues au téléphone. Un peu de jazz. Des voix d'enfants. Des rires. Je lis. Un pigeon qui s'envole...
jeudi 1 juin 2006
Dans mon bocal, il y à...
Aujourd'hui, hier, demain... Une nouvelle vie qui commence. Des promesses qui ont changées. L'horizon qui s'est éffacé pour se redessiner. J'attend l'été. Pâte à modeler, atures, cocodillll, to(r)tue, assi maman, non, non ,non, bras ! t'aime, dodo, babaye, papa ? Je marche, je travaille, je blog, je respire, je soupire, je nouvelle star, je Christophe, je Dominique calling you, là je pleure, je caline, je dors bien, je ne sais pas week-end, je au quotidien. Je sans toi.
dimanche 28 mai 2006
La goutte d'eau qui...
Ce fut un w.e comme on sait bien les vivre ! 5 cl d'eau sur le sol de la salle de bains et nous nous sommes à nouveau séparés. J'ai fait mes bagages, réglé la note de l'hotel, attendu le car et pris le train avec ma bouteille de champagne prévue pour le coucher du soleil qui de toute façon n'aura pas lieu. (ben oui, quand on ne se lève pas, on ne se couche pas.)
Pour les dialogues, on n'a pas été chercher Danielle Thompson, on a pioché dans nos stocks de "ça ne marchera jamais" "je ne supporte pas que tu me parles comme ça" et quelques vieux trucs de vacanciers qui ont fait nos grandes heures corses et provençales : "je rentre à Paris", "non, c'est MOI qui rentre".
En plus, je crois que je vais arrêter la Bretagne. Je ne suis pas faite pour ces longues journées dans la brume et sous le crachin. Aimer la Bretagne que quand il fait beau, ça revient à dire "OK pour Paris, mais virez moi ce tas de ferraille sur le Champ de mars". Pour aimer la bretagne faut aimer la mer, celle qui vous en fout plein la gueule quand elle est déchainée, faut aimer le vent, faut aimer faire du vélo en ciré jaune sous la pluie... Il ne faut pas espérer que demain il fera beau parce que c'est pas le concept. Mais comment je fais ? Moi qui regarde la météo deux à trois fois par jour pour savoir s'il va faire beau le lendemain.
ça m'a déprimé.
J'ai envie de voir des bikinis blancs et des gens trop bronzés qui parlent trop forts. Je veux entendre les cigales, avoir les pieds nus, boire du rosé de patrimoniu, mettre de la crème solaire, sentir l'odeur des chichis et de l'huile solaire à la noix de coco ! Voir des blondes décolorées qui se prenent pour Paris Hilton, des ventres bedonnants, j'veux du lourd, du gras ! Et je me FOUS des marées !!....
IL est breton dans l'âme. Et moi, en dessous de 17°C même pas je t'adresse la parole. Je demande une table au soleil et lui, à l'intérieur... Voilà, quand on en aura marre marre de taper à la vitre pour essayer de se parler, on vous fera signe...
TGV... A qui le tour ?
Ce w.e avait pourtant démarré de manière rigolote. Un mouvement sociale en plein w.e de l'ascension, des trains supprimés, les autres plein comme des oeufs et moi, jeudi matin qui veux partir à la dernière minute. J'appelle la SNCF quand même. Pas de places avant 15h. Je réserve et arrive très en avance à la gare, histoire de choper un train plus tôt. Pour ça, il y a : les guichets automatiques. Souvent, il n'y a pas d'attente et on trouve des places libérées par des réservations qui n'ont pas été retirées.
A ma grande surprise, ça marche. Un train part dans 7 minutes. Je prend ! ! Et me retrouve dans un train quasiment vide et qui, à cause des pertubations fera des arrêts en sup, dont Auray. Résultat : au lieu d'arriver à 19h30 avec une heure d'attente à Rennes (seule possibilité selon le 3635. "Et encore vous avez de la chance de trouver deux places aujourd'hui...!"), j'arrive à 15h23 et sans changement. Ce qui n'est pas un luxe quand on voyage avec des sacs remplis de couches,de jouets, de vêtements de baby pour tous les temps avec en plus quelques options catastrophes de Loulou, accessoirement mes affaires, une poussette et un loulou qui voudrait que le prenne dans mes bras.
Le lendemain, encore plus fort pour le papa de Loulou. Arrivée en dernière minute. Des trains archi complets, même selon les guichets automatiques. Pour nous rejoindre, il est quand même monté sans billets dans le prochain train en partance pour Auray, un train direct et il a trouvé une place. Et comme les perturbations doivent toucher les controleurs, il n'a pas eu a payer d'amende.
Je me demande... si avec toute la chance qu'on a, plutot que de partir en Bretagne, on aurait pas mieux fait de jouer au LOTO...?
dimanche 21 mai 2006
Le courage d'être soi et autres naissances (à soi même)
OUI. On y croit encore... L'Amour a toujours été là.
Des montagnes de "ça ne marchera jamais", "tu m'as blessé" et "de toute façon, tu ne me comprend pas" sont entassés dans mes cartons. Je ne les ai pas oublié, ils sont toujours là, mais maintenant, j'évite d'aller taper dans le stock.
J'ai cessé d'être la victime de l'autre et compris que je n'étais que victime de moi-même. J'ai remplacé le "tu" par le "je".
et j'ai pris la responsabilité d'être moi. Ma copine Aleks m'a dit "oulala ! tiens : lis ça*."
Des portes se sont ouvertes. Alors j'ai continué a parler de tout ça et jeudi dernier à la fin de la séance, mon docteur de la tête a sourit et m'a mis devant le nez un livre où figurait sur la couverture les derniers mots que je venais de prononcer**
Il va falloir du temps, celui de la compréhension et celui de l'assimilation, du vécu. En tout cas, nous sommes à nouveau deux à diriger le bateau. La mer est souvent changeante. On tombe encore à l'eau. On s'envoie des bouées et non plus de bouteilles à la mer et c'est quand même mieux pour revenir... C'est donc pas "la croisière s'amuse" et c'est plutot rassurant. "Looooove, exciting and blue...."
*Jacques Salomé/Le courage d'être soi (pocket)
**Guy Corneau/Victime des autres, bourreau de soi-même (j'ai lu)mercredi 1 février 2006
A deux rues d'ici.
Pas le même arrêt de bus, la même station de métro et pas la même sortie, pas le même café, pas le même restaurant italien... La même fille et un p'tit Loulou qui reconnait la rue de sa maison en passant à l'angle avec la rue Montorgueil et qui interroge : "papa ?"
jeudi 19 janvier 2006
Le déménagement
Le bocal à explosé, volé en éclats. Boum. L'eau s'est répandue partout autour des débris. J'ai paniqué. Pour avoir une idée de comme c'est con un poisson, imaginez moi me tortillant en sautant au milieu des bouts de verres. Je tentais de récréer l'espace. ça n'a rien donné, j' vous le confirme.
Alors j'ai déménagé.
J'ai emporté le canapé, j'ai trié les disques, les livres, la vaisselle et j'ai emporté mes habits, mes chaussures. Toutes. Celles qu'il aime et toutes celles qu'il déteste. Pour marcher.
j'ai pris mon petit ange dans les bras, je l'ai entouré tendrement et comme le premier jour, on a fait le tour de l'appartement... en sens inverse. Il à dit "acabou"* en entier, pour la première fois. Jusqu'à présent, il ne disait que "Bou". (*acabou = c'est fini (la nounou de loulou est brésilienne))
Mais non, mon bébé, pas acabou ! Temps mort, pause, pas d'accord, changement, sauvegarde, pomme S, temps d'attente indépendant de notre volonté, mais pas acabou, loulou.
Puis, on a refermé la porte sur le silence accablant de ces dernières semaines.
Le soir même, je constatais par moi-même qu'il ne suffisait pas de changer les meubles de place pour déménager. Je suis restée celle de l'ancienne adresse, mon GPS perso tout déglingué.
Depuis ce 17 décembre (oui, c'était déjà, il y à un mois), j'ai appris à rentrer ailleurs que chez moi, chez ce quelqu'un d'autre que je ne connaissait pas mais qui était pourtant moi.Les fêtes approchaient redoutablement. Brouillard. Puis noël est passé. Le pire était avant. finalement, le plus dur à supporter était de rien avoir à préparer, de ne rien prévoir... Depuis le 31 décembre exactement, j'ai fait la paix avec cet appartement pas si méchant que ça, pas si vilain que ça, pas si petit que ça. J'ai arrêter de lire sur les murs que je suis une étrangère au lieu et je l'ai laissé nous apprivoiser, mes cartons, mes larmes et moi. Je prend ma place et je retrouve qui je suis. Et aujourd'hui, je reprend le contôle du blog !
mardi 25 octobre 2005
Grippe aviaire
Cocotte était une petite poulette des Abbesses élevée en plein air, en libre parcours. Un soir que son ami Cocoricoco Rock organisait une petite picorette musicale, Cocotte fit la connaissance de Cocoricoco Doc. Ah ! ce coq là, pas de doute, il était pour elle. "Ah ! Pareil !" pensa Cocoricoco Doc. Toute la soirée, ils caquetèrent de concert sans se soucier du reste de la basse-cour.
Ils décidèrent de se revoir deux jours plus tard pour casser la graine. Il fallait bien reconnaitre que leurs plumes avaient pointées juste et ça ne fit pas long feu avant que leurs becs se joignent l'un à l'autre "clac-clac".
Très vite, Cocotte et Cocoricoco Doc décidèrent de se trouver un nid pour roucouler tranquilles. Le soir, le cul par terre ils buvaient des verres de Chablis en écoutant William Sheller et c'était bien. A cette époque, la poulette se prit un peu le bec avec ses amis qui trouvaient que "oh et nous ?" Cocoricoco Doc disait que s'il sagissait vraiment de poulets de compét comme elle pensait, ils comprendraient.
Puis la vie à deux commença.
La poulette chouchoutait son coq. Chaque jour, elle allait dénicher pour eux deux les meilleures graines du quartier, tapotait la paille afin qu'elle lui parut chaque fois plus douce à son retour.
Cocoricoco Doc rentrait fatigué et se plaignait que la paille était trop sèche, mal rangée, pas assez jaune..."Et tes plumes Cocotte ? Elles sont pas un peu trop courtes là, les plumes de derrière" et puis "molo sur la graine ! C'est régime ça, la graine ?" La Poulette compris vite que son coq cherchait des pretextes pour lui voler dans les plumes. Il y eu pas mal d'oeufs cassés dont beaucoup projetés sur les murs.
Puis, un jour tout doré, un petit poussin pointa son bec et les oeufs volèrent de plus belle.
Bien qu'ils respiraient le bon air frais des beaux quartiers les deux amoureux fatigués présentaient un mental de poulet élevé en batterie. Cocotte voulu voir un pouletologue ou un pouletothérapeute spécialisé dans les problèmes de couples, mais le coq ne voulait entendre parler de toctoccopeute d'aucune sorte.
La poulette essaya sans plus trop d'espoir de comprendre pourquoi ils se comportaient comme de la vulgaire volaille d'importation et elle s'aperçu qu'ils avaient eu des parents élevés en batteries.
Peut-être qu'un jour le poussin aussi, aura envie de tout péter avec son bec.
Peut-être qu'un jour ils seront heureux.
Peut-être qu'un jour ils auront des dents.
Une chance sur deux.
Il parait qu'à Paris un couple sur deux divorce, il parait qu'à Montorgueil c'est l'hécatombe... Les couples se séparent. Difficile d'y croire quand on les voit déambuler dans les rues pavées du quartier, leur beau bébé aux yeux bleus dans sa poussette Mac Laren.
Et pourtant rien ne va plus. Il se sont perdus.
Il parait que l'amour n'y est pour rien, il a fait comme il a pu, il parait que c'est le stress, la pression.
Faut croire que ça doit valoir le coup.
mercredi 19 octobre 2005
Un dimanche soir, rue de la Paix.
Cette année, la loulette de papa requin a 12 ans. Sous ses traits encore enfantins on devine la jolie jeune fille qu'elle sera d'ici peu.
En quatre ans, la loulette a grandit de partout, elle a appris a apprivoiser notre vie, notre maison et a dormir seule (avec Nono, un épouvantable lapin plus lifté que le tout Hollywood réuni)
Et puis, surtout... Elle a du faire face à l'annonce de l'arrivée d'un bébé chez son papa.
A cette époque-là, loulette s'est tu.
On en parlait peu. Mon ventre s'arrondissait et c'était comme si j'avais pété les plombs et avalé une petite montgolfière.
Entre inquiétude et patience, nous avons attendu la naissance, comptant sur le bébé pour faire le job.
Et le 31 août, Loulette est venue à la maternité. Elle a pris Loulou dans ses bras et là, il me semble qu'elle a vu, qu'elle a su : elle avait un frère. C'était merveilleux et on en menait pas large.
Sur le chemin du retour, elle confia à son père que Loulou, il portait son prénom préféré et que plus tard faudrait pas venir le faire chier à l'école. C'était dit comme ça.
Heureusement, ils étaient en scooter et Loulette n'a pas pu remarqué que le grand costaud auquel elle s'accorchait avait la vue un peu brouillée. "Hé papa ! C'est vert !"
Sans doute un peu depuis tout ça, on ne s'oblige plus à se déguiser en Goofy et Minnie quand elle vient, et tout devient plus simple.
Ca n'empêche que ce w.e, malgré ma nuit blanche auprès de mon petit voisin de chambre en proie à des soucis de dents qui poussent accompagnés d'une bronchite, on a fait une partie de Monopoly.
Et là, la gamine avec le lapin dans son sac, elle a pris son temps et tranquillement, dans les règles de l'art elle nous a pilloné la gueule au beau milieu de la rue de la Paix.

